• PSM 4-2017. Vie amoureuse et sexuelle. Situations de handicap

    À partir de quel moment les professionnels peuvent-ils être amenés à penser que la vie affective et/ou la sexualité des personnes que nous accompagnons nous concerne, soit pour la limiter, soit pour l'encourager et l'accompagner ?

    Présentation du numéro : Nous tenterons dans ce numéro un bref survol de quelques questions ayant trait à cette thématique, en considérant les situations de handicap, quelque soit leur origine, de façon assez générale : la question du libre-arbitre, de la liberté de choix des personnes sera, naturellement au cœur des interrogations. A partir de quel moment les professionnels que nous sommes peuvent-ils être amenés à penser que la vie affective et/ou la sexualité des personnes que nous accompagnons nous concerne, soit pour la limiter, soit pour l’encourager et l’accompagner. Y aurait-il quelque généralité en la matière alors que nous touchons là au plus intime de l’identité de chacun ?
    Par ailleurs la question du lien entre affectivité et sexualité méritera également d’être posée, question qui renvoie naturellement à nos propres représentations sociales. Les deux domaines peuvent-ils être traités de façon disjointe ?
    Mais s’intéresser à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap soulève aussi d’autres questionnements éthiques concernant  le désir de parentalité, les grossesses désirées ou non, mais aussi les risques de MST.
    Pendant très longtemps les institutions recevant des personnes en situation de handicap, ont, soit fermé les yeux sur des réalités qu’il valait mieux ignorer, soit fait stériliser leurs pensionnaires. Elles ont également pu édicter des règles strictes interdisant toute sexualité entre les murs de l’institution, ne se posant alors pas du tout la question de l’affectivité. Plus tard, elles ont pu mettre toutes les femmes sans leur demander leur avis, sous traitement anticonceptionnel ou bien laisser des préservatifs à disposition de chacun. Chacun aménageant la gestion de l’établissement et ses règles de vie à sa façon. Il semble que notre époque commence à sortir de cette ambivalence et de ces ambiguïtés et à s’interroger réellement. C’est un bon signe mais beaucoup de progrès restent encore indispensables. Les quelques pages de ce dossier se veulent une modeste contribution à cette réflexion.