41e Journées de Saint-Alban. Le corps dans l’Âme
vendredi 19 juin 2026 au samedi 20 juin 2026Saint-Alban-sur-Limagnole
Le corps dans l’Âme
« Une psychiatrie sans corps est aujourd’hui une position intenable sinon dangereuse pour les patients, pour les soignants, mais également pour la psychiatrie elle-même » écrivait Pierre Delion en 2010. Il nous paraît d’autant plus nécessaire de le rappeler qu'aujourd'hui, le corps est devenu le corpsobjet de la science. L’hygiénisme codifié des "bonnes pratiques", le scientisme, le simplisme (un symptôme = un médicament), le refus de la complexité ont le vent en poupe, pour des raisons de domination idéologique et financière (recueil des données personnelles sur les plateformes, les centres-experts…). Pourtant, dans l’accueil des personnes en souffrance psychique dans les différents espaces de soins au sein desquels nous travaillons, le corps est là. Corps des patients et corps des soignants se rencontrent, se parlent, se croisent. Corps porteurs de présence, corps habités ou désertés, espace de contact physique et psychique, vecteur – ou non – de rencontre avec l’autre. Lieu d’habitation du sujet, le corps n’est pas une simple collection d’organes et opérer cette réduction c’est passer à côté de la personne.
Dans nos métiers, nous sommes dans l’obligation éthique d’accueillir l’autre dans son entièreté, ce qui implique aussi l’accueil du corps.
Tosquelles avait coutume de dire que la psychiatrie n'était pas une branche de la médecine, mais que c'était la médecine qui était une branche de la
psychiatrie…
Mais vivre avec son corps, l’exister, ça ne va pas de soi.
